14/09/2018

Une journée musées à Genève

Mi-août, vieux Genevois exilés en Terre Sainte, nous "descendons en ville" par le Léman Express, pour une journée musées. Lunettes de touristes sur le nez. TPG bus 3, Rue de la Croix-Rouge fermée, passage par Rive et remontée du Bd. Helvétique. Annonce "Musée d'Art et d'histoire" : Parfait ! Si ce n'est que c'est un arrêt sur demande - pas compris, tant pis, heureusement on connaît la ville. MAH, pour Hodler. Accrochage minimaliste, ambiance poussiéreuse, des touristes japonaises ont l'air désemparées - elles qui courent les grands musées européens.

Vieille Ville, Bastions, beaucoup de monde, on voit bien que la population augmente, et pas les espaces verts.

Musée Rath : ici la grande exposition Hodler, en collaboration avec le Kunstmuseum de Berne. Caissier stressé, il y a du monde, des touristes, certains ne parlant même pas français, et de plus sans monnaie… Accrochage général réussi, malgré un tel nombre de toiles qui pourrait conduire à saturation; la muséographie est complètement ratée. Le fond de décor, qui baigne dans le "blanc cassé" années 1960, les textes au ras de la moquette, illisibles et que personne ne lit, et l'éclairage général. Pourquoi ces faiblardes lumières douçâtres aux tons changeants ? Un "concept" d'étalagisme digne d'un stand de macarons dans un duty-free. C'est une atteinte aux œuvres, si fortes, de Hodler. Les toiles ont peine à émerger de ces étranges lueurs. Une occasion manquée. Le MAH, institution décidément à la peine, dans tous les secteurs.

Râlant, traversée de la Plaine de Plainpalais, direction le MEG. On connaît assez bien la maison, son histoire; et à nouveau, confirmation de la métamorphose de l'institution depuis qu'elle est dans ses nouveaux murs. Le MEG, Prix du Musée européen 2017, dorénavant connu et reconnu, on vient de l'étranger le visiter. L'exposition annuelle en cours : "Afrique. Les religions de l'extase" est fascinante, avec divers niveaux de lecture, dans une scénographie attractive. Une réussite complète. Bravo, et merci ! 

Retour dans nos franges du Grand Genève (hum…), je sors mon calepin et griffonne quelques notes. Il y a des enseignements à tirer de l'aventure du MEG, pour un MAH modernisé dont Genève a un urgent besoin. Un nouvel et vaste espace est nécessaire, pour une exposition permanente destinée au grand public sur les deux volets de l'institution : "Histoire de l'Art - L'Art de l'Histoire", et une exposition temporaire annuelle.

Diverses réflexions l'ont démontré, c'est à l'évidence sous la butte de la Promenade de l'Observatoire que cette extension doit être créée. Un plateau libre, sur lequel des muséographes/scénarsites pourront s'exprimer. Une priorité pour Genève, pour que le public, la population, les écoles, mais aussi les touristes, puissent aborder l'Art et l'Histoire. Ensuite, les vénérables édifices Camoletti, Musée et future ex-Ecole des Beaux-Arts, à réhabiliter / réaménager, pour les collections, les laboratoires, les bureaux, en incorporant la Bibliothèque d'art et d'archéologie et son bâtiment Promenade du Pin. Ce serait une seconde étape, avec ces bâtiments mis, le temps nécessaire aux chantiers, hors accès du grand public. Au final, les trois composants seraient liés, par quelques choses d'élégant sous la Rue Charles-Galland et sur le Passage Burlamachi.

Genève ne peut rester plus longtemps avec cette friche muséale (l'annexe Musée Rath comprise); c'est incompréhensible pour de nombreux visiteurs. Ambitieux, et onéreux sûrement; la vox populi devrait dire ce qu'elle veut pour sa petite / grande ville, et son image. Peut-être aussi, dire qu'un MEG c'est assez, et assumer, courageusement, la suppression de l'institution MAH. Parce qu'en l'état, elle nuit à l'image de Genève, et à ses ambitions de métropole régionale.

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