30/09/2018

Patrimoine bâti : danger !

Genevois, réagissez !

Des témoins importants de l'architecture moderne sur votre territoire sont en danger. Le Plaza, et les bâtiments de la station d'épuration d'Aïre. Œuvres des fortes personnalités que furent les architectes Marc-Joseph Saugey pour le Plaza en 1952, et Georges Bréra en 1964 pour Aïre. En une époque où l'audace était tolérée, celle, encore optimiste, des Trente Glorieuses. 

Ces deux ensembles sont dûment répertoriés dans le recueil en deux tomes "L'architecture à Genève", 1919-1975, édité par la Direction du patrimoine et des sites DAEL, de la République et Canton de Genève (Payot 1999). Ils figurent, évidemment, aux inventaires genevois et fédéral.

Ediles du moment, assumez cette reconnaissance !

Vous trouverez bien les idées et les moyens de justes reconversions de ces édifices. Par exemple :

Le Plaza, une des plus belles salles d'Europe, en ville qu'il faut animer, à proximité de la gare centrale de Genève-Cornavin, d'accès aisé, d'autant plus avec le développement des transports publics.
Un formidable potentiel pour des activités publiques, culturelles, ludiques, y compris dans les étages de l'immeuble. Un pôle urbain vivant.

plaza.jpg

 

La Verseuse, Aïre. Un magnifique et pur exemple d'architecture moderne, animée, sculpturale.
Deux bâtiments dans un site sauvage, dans ce paysage exceptionnel, peu connu, du Rhône genevois.
Lieu idoine pour des activités publiques, voire didactiques (l'écologie du Rhône ?) accessible par le fleuve, but d'excursions.

VRN_Verseuse17_IMAH_CTheiller_201612_1.jpg

 

Et de grâce, ne parlez pas argent : grandeur et servitudes d'une métropole régionale à connexions planétaires, que se veut Genève !

PS : Pour d'autres patrimoines, pour des regards sur "L'Ailleurs" : grandgeocoucou.com

 

 

09:31 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

28/09/2018

CEVA et Léman Express

Il y a inflation dans la communication.

Lors de l'inauguration de la jonction Thônex - Annemasse des rails du CEVA, le Président (français, de région et de parti) Laurent Wauquiez, aurait dit, la tête dans les étoiles :  « C’est le plus grand réseau métropolitain d’Europe qu’on est en train de réaliser ! ». Où va-t-il chercher ça ? 

Le CEVA, c'est Cornavin - Eaux-Vives-Annemasse, un projet genevois de la fin du XIXe siècle, une ceinture urbaine dans des quartiers maintenant réalisés.

Tout le reste, dans ce cercle de 60 km. de rayon des schémas à gros traits du "Grand Genève", est sur Vaud et France. Genève n'en maîtrise pas le développement, ni en termes d'urbanisation, ni a fortiori d'infrastructures. Et la collaboration tant avec Vaud qu'avec la France est pour le moins problématique (cf. les échecs et tergiversations pour les parkings de transfert modal et les prolongements de lignes TPG).

Hors-les-murs, deux branches en croix. Au sud-ouest, celle vers Bellegarde au succès douteux, considérant, plus loin, la déliquescence du réseau SNCF.  Et les inévitables problèmes concomitants de coordination, de gestion, de personnels (grèves...). 

Au nord-est, le Léman Express. Avec Coppet pour terminus, l'appellation est exagérée, ce serait plutôt Lac de G'nève, La ligne ne va pas à Nyon, chef-lieu régional, hub de transports publics, et partie du mythique "Grand Genève". Quant à Express, pas trop, avec les attentes de durée variable aux nouveaux points de croisements, et les perturbations régulières sur l'extrémité occidentale du réseau CFF (Genève est irrévocablement au bout de tout).

Contribuables genevois, vous aurez certainement des surprises, avec les "Nouvel" gares. Les projets toujours compliqués de ces prime donne de l'architecture finissent souvent devant les tribunaux. La Tribune avait publié une "image de synthèse" du projet pour le Plateau de Champel. De la com', perspective flatteuse, tape-à-l'œil, vieille ficelle d'architectes. Je connais bien les lieux, le premier appartement, Avenue Bertrand, 2 pièces - cuisine au-dessus de la boulangerie. Mais un jour, un Conseiller d'Etat a été séduit par la faconde du grand architecte parisien.

Cette lourde infrastructure est-elle adaptée à Genève ?  Genève se veut toujours rivale de Zurich. Désolé, voisins et néanmoins amis Genevois,  Zurich, c'est "taille patron". Le braintrust du CEVA manipule un peu les chiffres, semble-t-il. Dans un article de la Tribune du 11.09.17, Marian Stepcynski donnait en conclusion d'une fine analyse, entités urbanisées comparables sur le territoire national, les populations de 1'300'000 habitants pour Zurich, contre 570'000 pour Genève.

Au final, un mini-S-Bahn, et une maxi-Genfereï, à un milliard et demi ? 

 

Coppet.Léman.Express.jpg

Coppet VD Gare CFF - Voie 1 - Tête de ligne du Léman Express 
Destination Lancy-Pont-Rouge
mercredi 26.09.2018 - 09:30

08:00 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook | | | |

21/09/2018

Du Voyage en Russie

Il y a quelques temps, un voyage en Russie de personnalités suisses a fait froncer les sourcils de doctes gardiens de la rectitude politique. A les suivre, on n'aurait pas le droit, vivant dans ce parfait système qui est le notre, qui plus est dans ce pays exemplaire, de s'intéresser au plus grand du monde.  

Accordons aux personnalités qui se sont rendues en Russie d'être suffisamment avisées pour avoir fait le tri de l'éventuelle propagande qu'elles auraient subie, de ce qu'elles auront pu voir de la réalité. C'était un voyage sur invitation : mais il faut de toute façon une invitation pour l'obtention d'un visa, sur formulaire officiel, avec références diverses, tampons et paraphes. Assez curieusement, l'invitant était, si je ne m'abuse, une personnalité établie en Suisse, d'origine suédoise. La Suède, longtemps ennemie héréditaire de la Russie. Quelqu'un, donc, qui aura surmonté quelques préjugés. Voyage préparé, voyage formaté, évidemment. Mais certainement, pour la majorité, un premier contact.

Le voyage en Russie, individuel, est tout à fait possible. Dans les deux "capitales" où l'on arrive forcément, on trouvera facilement le contact avec la jeune génération, ouverte, polyglotte, et cultivée. Et c'est en toute liberté, autour d'un repas borch/pelmeni/kvas, que l'on peut échanger points de vue et réflexions. Avec souvent de l'humour, de la distance, voire un peu de cynisme. Sur les trois dernières générations, les familles russes ont tout vécu. La Russie, un monde à part, la tradition des régimes autoritaires et violents, la longévité de Poutine, les "nouveaux Russes" prédateurs, le trop lent décollage économique, mais aussi et surtout, ah ! la fierté retrouvée. Une phrase entendue souvent : "Oui, on sait bien que vous en Occident vous avez aimé Gorbatchev et Eltsine, mais ces types ont mis notre pays sur les genoux. Poutine, au moins, nous a redonné la fierté de notre pays". Ce pays n'a jamais connu la liberté civique, telle que nous la concevons chez-nous. Et le modèle occidental, tel qu'ils le voient, ne les fait pas rêver. Leur aspiration, une évolution autonome de leur pays, sur ses racines, à partir de son histoire complexe.

 Assez généralement, la découverte de la Russie débouche sur une passion pour ce monde à nos portes. Nombre de voyageurs et écrivains, de journalistes, n'ont pu résister à ses sortilèges. L'un de chez nous, Eric Hoesli, en a fait son fond de commerce. Ses ouvrages sont des sources vivantes, passionnantes. Le dernier en date : "L'épopée sibérienne", récemment paru chez Editions des Syrtes.

 Russie éternelle, l'art de l'icône est toujours vivant. Ci-dessous : 

Vladimir.jpg

 

 

 

 

Vladimir présentant son pupille Donald au Komsomol. 
Sérigraphie sur contreplaqué.
Dim. 20 x 14 cm. - 2017

 

 

 

Sur mon site https://grandgeocoucou.com les curieux trouveront quelques récits de voyages en Russie.

08:00 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | | | |