17/11/2018

Urbanisme, climat, énergie

La Tribune du 16.11 livrait un supplément titré "Energie". Des annonces publicitaires ou des messages incantatoires, concernant les "Cleantech" les "Cités de l'énergie" et autres "Smarts Cities". "Efficience et transition énergétique" est le leitmotiv de la communication, comme le core business des entreprises qui la financent. On ne dépasse pas le discours technique, l'optimisation des moyens de gestion des énergies, l'isolation thermique des bâtiments. Ce qui sous-entend plus de technologie, de robotique, de nouveaux matériaux. Donc de consommation de matières premières, d'énergie grise, et d'augmentation des coûts de production de l'habitat.

Il y a évidemment à faire sur l'habitat existant, c'est là que ces moyens sont applicables prioritairement. Les limites sont étroites. Pour aller plus loin que l'amélioration de l'isolation thermique et l'optimisation des systèmes de chauffage et ventilation, les études montrent rapidement qu'il faudrait envisager des démolitions reconstructions; souvent jugé économiquement rédhibitoire, urbanistiquement non faisable.

On trouve aussi dans ces communications les déclarations de bonnes intentions de responsables communaux aux moyens limités, et aussi, pour se donner bonne conscience, les citations des trois bubbles imbriquées du "Développement durable" : Environnement / Social / Économique, axiome rabâché depuis plus de trente ans (ONU - Rapport Brundtland 1987).

Alors que l'urbanisation s'accélère inexorablement sur l'ensemble de la planète, que le climat devient plus brutal pour notre confort de vie, l'urbanisme mondialisé se pratique toujours avec les vieux outils de l'après-guerre : le zonage, les indices d'utilisation du sol, les tracés des dessertes et un saupoudrage d'équipements publics. Aucune réflexion fondamentale n'a été portée sur l'organisation, sur le territoire, des nouveaux quartiers et villes nouvelles par rapport au climat. La construction de bâtiments a un impact sur le micro-climat. Création de poches de chaleur ou de couloirs venteux, de zones d'ombres ou de surfaces réfléchissantes, imperméabilisation des sols et espaces de ruissellement, diminution drastique des surfaces végétales, etc. Simultanément, ces nouvelles masses et surfaces construites offrent un potentiel de captage et contrôle de ce qui est nécessaire ou nuisible.

Victimes de notre doxa, nous misons sur la technologie pour faire face aux enjeux. Low-tech v. High-tech, on ne voit pas une approche globale, tendant à intégrer nos constructions au plus proche des contraintes naturelles. Au début des années 1970, un ouvrage de référence a été publié aux USA, "Design with Nature" (Ian L.McHarg), enthousiasmant. Il n'a eu aucun impact sur les pratiques. Les critères économiques sont prioritaires : rentabiliser la valeur foncière et rationaliser la construction. Seuls les pouvoirs publics pourraient imposer de nouvelles règles du jeu en matière d'urbanisme. Il faudrait, évidemment, une ferme volonté politique, voire une once d'idéologie.

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