28/11/2018

Genève internationale

Les autorités locales se rengorgent de "La Genève Internationale". Elles n'y sont pour pas grand-chose. C'est une rente de situation, créée par de plus visionnaires, et de plus aventureux dans les relations internationales. Et puis l'histoire, et son volet suisse, mettant le pays à l'abri des grands tumultes du monde, a positionné Genève dans ce rôle, de plus en plus passif de la part des Genevois, de plateforme internationale.

 Genève, concurrençant New York dans les réunions internationales, attirant des organisations apparentées, met à disposition ses infrastructures, le quartier des édifices ad hoc, son aéroport, et ses équipements d'hébergements. Accessoirement, ces structures d'accueil ont attiré la finance et le commerce internationaux. Alors, régulièrement, on parle chiffres, nombres d'emplois et retombées dans le commerce local. Et puis, vis-à-vis de la Confédération, on joue la carte du prestige, La Genève Internationale, c'est ici, dite merci ! Et, de temps à autre, ajoutez quelques financements pour que l'on puisse assurer le rôle.

 Tout cela fait un peu boutiquier, parce qu’au-delà des intérêts matériels, quels sont les liens qu'entretient Genève avec "les internationaux", officiellement ou officieusement ? Quel parti, en terme de réflexion sur l'état du monde, de relations internationales, d'entre-connaissance, Genève et ses habitants, tirent-ils de cette proximité, dans une si petite région ?

 Même la presse locale se désintéresse de l'activité de "La Genève Internationale". Il y eut un temps une page ad hoc dans la Tribune de Genève, elle a disparu. Quasi tous les pays du monde sont représentés officiellement à Genève, des grandes ambassades forteresses largement connectées aux très modestes officines de pays émergeants, dans les tristes immeubles de l'Avenue Blanc. Au-delà du train-train diplomatique convenu, de tâches consulaires, lesquelles seraient prêtes à entrebâiller leur porte ? Pour sa part, la population genevoise, à part manifester sporadiquement à l'ombre de la Broken Chair, n'aurait-elle aucun intérêt pour "le reste" du monde ? Ou alors, elle se satisfait des infos formatées, distillées par les mass-médias ?

 Et à propos de medias, le Geneva Press Club pourrait-il s'ouvrir davantage au public ? Par exemple, lors de chaque réunion dans l'enceinte de l'ONU, organiser, en coopération avec elle, une ou deux soirées de conférences / débats. En ce moment, on se réunit autour de l'Afghanistan. Quel sujet, dont on aimerait avoir une meilleure connaissance. L'ONU souffre d'un déficit d'image dans le grand public, et la presse n'est pas loin d'être sur la même pente, submergée par les "réseaux sociaux". En s'ouvrant d'avantage, l'une et l'autre regagneraient du terrain laissé aux fakes news.

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