11/12/2018

La prise du Palais, d'hiver

Est-ce que les Gilets Jaunes français devront, finalement, cet hiver 2018, prendre le Palais de l'Elysée ?

Hier, sur A2 chaîne du service public, il y eu ce discours tout de contrition du Président en son Palais, dans son décor authentiquement Louis XV, garanti d'époque.

Et 24 heures auparavant, même média et au TJ de 20 heures, un long reportage sur le concours d'éloquence des grandes écoles. Sous-titré "Le concours des beaux parleurs".  Thème imposé :"Faut-il vivre un jour comme un lion ou cent jours comme un mouton ?". Jeunes femmes et jeunes hommes de Polytechnique sanglés dans leur impeccable uniforme noir. Les futurs cadres de la République.

 

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09/12/2018

"Nos ruines"

Un nouvel article sur Grand Geocoucou, site de récits de voyages, qui ne sont, ou ne seront bientôt, plus possible. Le monde se fragmente, c'est bien dommage; au détriment de l'entre-connaissance, et de l'histoire / géo  de terrain, avec les pieds, yeux grands ouverts.

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06/12/2018

Urbanisation : Les architectes "laissent béton"

L'édition 2018 de la Biennale d'architecture de Venise, manifestation phare de la recherche en architecture, acte le retrait des architectes de la dimension sociale et environnementale qu'ils avaient tenté d'aborder. "En mettant en scène (…) de beaux objets incarnant de beaux ouvrages, la Biennale 2018 signe avec un conservatisme assumé le retour en grâce de l'Architecture. Délivrée de la dimension sociale et engagée (…) elle s'est aussi délestée de sa portée visionnaire". On parle aussi de "désengagement social". (Tracés no. 14-15. 20.07.2018).

 Parce que, oui, les architectes se sont impliqués dans l'amélioration du cadre de vie, dans le logement en particulier, le contenu et le contenant des immeubles d'habitations. Retour express sur les derniers trois-quarts de siècle, à grandes enjambées.

 En Europe au sortir de la Seconde guerre mondiale il faut construire massivement, vite et pas cher. Le mode ancien de l'évolution de la ville, progressif, fait d'un bâti d'entrepreneurs et d'artisans, devient obsolète. On planifie de nouveaux quartiers, des "cités nouvelles"; il faut voir global et rationnel. Au niveau conceptuel, les architectes sont en embuscade. Du Mouvement Moderne, né aux débuts du XXe siècle, aux réalisations exceptionnelles et assez confidentielles de ses quelques maîtres, on ne va retenir que la dimension rationalisation et économie. "L'immobilier" devient un important vecteur économique, il se professionnalise dans le boom des Trente Glorieuses.

 En Mai 68 on lit sur un mur parisien : "Les architectes carrossiers du pouvoir". C'est en effet le lot de la majorité de cette profession, qui, comme les autres, comporte diverses couches. Certains, idéalistes, se regimbent, s'intéressent à la sociologie, au mode de production, ils rejettent l'étiquette péjorative à leurs yeux "d'artistes", la formation étant encore largement de type Beaux-Arts. On verra, dans cette mouvance, des diplômes d'écoles d'architecture concrétisés en volumineux rapports dactylographiés. D'autres, ponctuellement, dans des projets de moindres importances, s'essayent à quelques tentatives formelles; le post-modernisme vient casser les codes esthétiques, on va vers le grand désordre visuel.

 Alors que les Architectes préoccupés d'Architecture cogitent sur leur rôle dans la société, la construction bat son plein. Pour les investisseurs, privés et publics, le crédo c'est "investir dans la pierre". "L'économie de la construction" se théorise, elle domine la production du bâti. Bientôt les tables Excel prennent l'ascendant sur les tables à dessin. Les entreprises deviennent "générales", "globales". Elles sont dorénavant les acteurs principaux de la production de l'essentiel de notre environnement construit.

 Musardant dans les rues anciennes, vous verrez encore quelque plaque au bas d'un immeuble, citant "l'Architecte". Vous ne verrez plus ça sur les quartiers en constructions. Ce ne sont que des produits économiques. Les architectes ont laissé tomber le secteur.

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