22/11/2018

Ma cheminée, nos avions

Ma cheminée, premiers frimas, je viens de la remettre opérationnelle. Elle consomme du bon bois local, produit de l'industrie sylvicole du Jura derrière chez nous. Et elle assure un bon complément calorifique au chauffage par géothermie qui équipe la maison. Commandée, bientôt une installation photovoltaïque : pour un "geste citoyen", parce que nous n'aurons pas le temps, vu nos âges, de la voir financièrement amortie. Voilà pour nos énergies.

"Nos avions" : parce qu'ils font partie de notre environnement, on ne peut les ignorer. Ils sont présents dans notre morceau de ciel, et dans notre espace sonore. Les prévisions ahurissantes du PSIA, avec un vol toutes les 87 secondes (cf. TdG 15.11.18) font que nous n'aurions plus jamais de moments de silence.

Alors quand des "gens de Berne", depuis d'autres bureaux et d'autres ordinateurs, veulent interdire les cheminées pour cause de particules fines, je leur dis...(autocensuré).

Je ferai de bons gros feux de bois aussi longtemps que l'on ne taxera pas l'aviation à ses justes coûts et nuisances, dont la liste est parfaitement connue.

Et je suis prêt à revêtir la Chasuble Jaune - nouvelle armure - pour manifester contre le surdéveloppement de Cointrin. Tiens, et si on lançait l'action ?...Vu que le 30% des usagers viennent de France, le type de message ferait peut-être effet. En invitant le maire de St.-Julien au prétexte de "Grand Genève", aurait-on la Une du Dauphiné en vue ?!

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17/11/2018

Urbanisme, climat, énergie

La Tribune du 16.11 livrait un supplément titré "Energie". Des annonces publicitaires ou des messages incantatoires, concernant les "Cleantech" les "Cités de l'énergie" et autres "Smarts Cities". "Efficience et transition énergétique" est le leitmotiv de la communication, comme le core business des entreprises qui la financent. On ne dépasse pas le discours technique, l'optimisation des moyens de gestion des énergies, l'isolation thermique des bâtiments. Ce qui sous-entend plus de technologie, de robotique, de nouveaux matériaux. Donc de consommation de matières premières, d'énergie grise, et d'augmentation des coûts de production de l'habitat.

Il y a évidemment à faire sur l'habitat existant, c'est là que ces moyens sont applicables prioritairement. Les limites sont étroites. Pour aller plus loin que l'amélioration de l'isolation thermique et l'optimisation des systèmes de chauffage et ventilation, les études montrent rapidement qu'il faudrait envisager des démolitions reconstructions; souvent jugé économiquement rédhibitoire, urbanistiquement non faisable.

On trouve aussi dans ces communications les déclarations de bonnes intentions de responsables communaux aux moyens limités, et aussi, pour se donner bonne conscience, les citations des trois bubbles imbriquées du "Développement durable" : Environnement / Social / Économique, axiome rabâché depuis plus de trente ans (ONU - Rapport Brundtland 1987).

Alors que l'urbanisation s'accélère inexorablement sur l'ensemble de la planète, que le climat devient plus brutal pour notre confort de vie, l'urbanisme mondialisé se pratique toujours avec les vieux outils de l'après-guerre : le zonage, les indices d'utilisation du sol, les tracés des dessertes et un saupoudrage d'équipements publics. Aucune réflexion fondamentale n'a été portée sur l'organisation, sur le territoire, des nouveaux quartiers et villes nouvelles par rapport au climat. La construction de bâtiments a un impact sur le micro-climat. Création de poches de chaleur ou de couloirs venteux, de zones d'ombres ou de surfaces réfléchissantes, imperméabilisation des sols et espaces de ruissellement, diminution drastique des surfaces végétales, etc. Simultanément, ces nouvelles masses et surfaces construites offrent un potentiel de captage et contrôle de ce qui est nécessaire ou nuisible.

Victimes de notre doxa, nous misons sur la technologie pour faire face aux enjeux. Low-tech v. High-tech, on ne voit pas une approche globale, tendant à intégrer nos constructions au plus proche des contraintes naturelles. Au début des années 1970, un ouvrage de référence a été publié aux USA, "Design with Nature" (Ian L.McHarg), enthousiasmant. Il n'a eu aucun impact sur les pratiques. Les critères économiques sont prioritaires : rentabiliser la valeur foncière et rationaliser la construction. Seuls les pouvoirs publics pourraient imposer de nouvelles règles du jeu en matière d'urbanisme. Il faudrait, évidemment, une ferme volonté politique, voire une once d'idéologie.

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15/11/2018

Geneva's Fleet Street

Alors que les journaux locaux disparaissent les uns après les autres, souvenirs de prime jeunesse, entre Plainpalais et Jonction.

Toute la presse locale, dans sa belle diversité et ses avis souvent tranchés - le politiquement correct et l'auto-censure n'avaient pas cours -, était réunie dans un rayon, à vol de pigeon,  de 600 m. La Suisse (populaire) Rue des Savoises, le Journal de Genève (bourgeois) Rue Bovy-Lysberg, la Voix Ouvrière (organe du Parti du Travail ) Rue Pré-Jérôme, Le Courrier (les cathos !) Rue du Vieux-Billard.

Enfin, la Tribune de Genève, dans le gros bloc entre rues du Stand  / de la Synagogue / des Rois. Dans un article du  04.11.2017, Benjamin Chaix se réfère à l'ouvrage "La presse romande" d'Alain Clavien (2017), pour relever, dès ses origines, la "neutralité" de la Tribune de Genève; les autres titres étant "d'abord des feuilles politiques". Son fondateur, venu des USA, avait pour références les grands titres new-yorkais.

Tous les titres groupaient, dans leurs murs, rédaction, administration et imprimerie. Des trottoirs, on apercevait, par les hauts vitrages, les rotatives disposées en sous-sol. Leur mécanique, compliquée, produisait un bruit caractéristique, rythmique; Arthur Honegger aurait pu s'en inspirer aussi.La TdG était la plus proche, et nous allions, entre copains, "tauper" des chutes de papier derrière les impressionnants massicots. Facilité, j'y avais un grand-oncle typographe, grosses bacchantes et ample blouse grise. De la lignée d'imprimeurs lyonnais, huguenots exilés à Genève, il en avait gardé l'accent - que je retrouve, un peu, chez Gérard Collomb. En début d'après-midi, il y avait l'envol des vendeurs à vélos, les piles de l'édition du soir sur les porte-bagages. Peu après, on entendait les : "Tribuuune !". 

 Aurais-je oublié un titre ? Il y a eu faillites, fusions, sabordages, rachats, dans ce monde impitoyable peuplé de Citizen Kane et de Rupert Murdoch - certains venus d'outre-Sarine.

 

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La Tribune de Genève, Rue du Stand - 1941
©
 Bibliothèque de Genève et Tribune de Genève

Ce matin 15 novembre 2018, passage à La Tribune, Rue des Rois. Il n'y a plus de tremblements de rotatives, tout est calme et concentration, derrière les écrans. Aimable discussion à bâtons rompus avec un Journaliste (nom connu de la rédaction...). De Gutenberg à Internet, revue des révolutions des médias et de l'information.

La Tribune est donc toujours là, dans cette cité "hors sol" qu'est Genève (cf. Mettan / Mabut). Sous quelle forme va-t-elle évoluer, à l'heure de la "dématérialisation" ? Nous ici, les blogueurs hébergés, préfigurons, peut-être, le futur. La Tribune de la blogosphère, l'agora sur Internet ? S'agit-il d'une communauté ? Avons-nous un sentiment d'appartenance, partageons-nous une certaine identité ? Rêves de journalistes.

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